Le poids de CHEMSEX en Normandie, France : résultats d'un dépistage systématique de l'usage de drogues dans les centres d'IST

Catégorie de l'abstract : Antirétroviraux, Thérapeutique VIH/VHB/VHC

Abstract déposé le 13/10/2023 15:56:33 par : UNAL Guillemette

Auteurs: UNAL Guillemette (COREVIH Normandie), GUILLOIS, Carine (COREVIH Normandie), BERNA Véronique (Service d'addictologie, CHU de ROUEN, France), EL FORZLI Natacha (CeGIDD du HAVRE, France), LAMME Frankie (AIDES Normandie, France), GALIMARD Caroline (CeGIDD de la Miséricorde, CAEN, France), LEGRAIN Louise (COREVIH Normandie), LESOURD Anaïs (Service des Maladies infectieuses, CHU de ROUEN, COREVIH Normandie France), ETIENNE Manuel (Service des Maladies infectieuses, CHU de ROUEN, COREVIH Normandie France),

INTRODUCTION / OBJECTIFS

La pratique du "chemsex", c'est-à-dire l'utilisation de substances psychoactives dans le cadre de pratiques sexuelles, est associée à un risque accru d'infections sexuellement transmissibles (IST) et à des conséquences néfastes sur la vie privée des consommateurs. Peu de données sont disponibles sur le chemsex en dehors des grandes villes françaises. L'objectif de notre étude était d'étudier la pratique du chemsex parmi les usagers consultant dans les centres de prise en charge des IST en Normandie, France.

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Tous les CeGIDDs de Normandie ont interrogé systématiquement pendant un an les usagers consultant pour un dépistage d’IST ou une prescription de VIH-PREP sur leur pratique du chemsex. Chez les personnes déclarant pratiquées le chemsex, des données ont été recueillies sur le substances psycho-active consommées et sur l'impact du chemsex sur leur vie.

RÉSULTATS

Entre mai 2022 et mai 2023, 119 (1,4 %) personnes consultant dans 9 CeGIDDs de Normandie, ont déclaré consommer des drogues dans un contexte sexuel. Globalement 7 (5,9 %) étaient des femmes, l'âge médian était de 32 ans (IQR27, 43), 37 % étaient des usagers de la PREP, 33 % avaient reçu un vaccin Mpox, et 33 % avaient été diagnostiqués pour au moins une IST pendant la période d'étude (vs 5 % pour les autres consultants p<0,001). Cinquante-six usagers (47,1 %) déclarent consommer de l'alcool, de la cocaïne, du cannabis et des poppers mais pas de drogues de synthèse. Parmi les 65 autres usagers, 38 (60 %) déclaraient consommer du 3MMC seul ou avec du GHB (21 %), 38 % étaient diagnostiqués pour au moins une IST, 22 % déclaraient que le chemsex avait un impact sur leur vie personnelle ou professionnelle, et 32 % déclaraient avoir besoin d'une aide pour gérer le chemsex. Une consultation en addictologie a été proposée à tous les usagers du chemsex.

CONCLUSIONS

Dans notre région, 1,4% des usagers des CeGIDDs pratiquaient le chemsex. Bien que représentant une faible proportion des consultants, le dépistage systématique de la pratique du CHEMSEX dans les CeGIDDs semble essentiel pour réduire les risques et les dommages puisque les utilisateurs de CHEMSEX ont une prévalence élevée d'IST, et qu'un tiers d'entre eux sont demandeurs d'un soutien en addictologie.