Les traitements antirétroviraux différent-ils selon le lieu de suivi ?

Catégorie de l'abstract : Antirétroviraux, Thérapeutique VIH/VHB/VHC

Abstract déposé le 20/10/2023 23:13:18 par : LAMAURY isabelle

Auteurs: ARQUEVAUX romane (Pharmacie, CHRU de Nancy, Vandoeuvre-lès-Nancy, France), TRESSIERES Benoit (INSERM CIC Antilles - Guyane 1424, CHU Guadeloupe, Pointe-à-Pitre, France), SALIEGE Marion (Pharmacie,CHU Guadeloupe, Pointe-à-Pitre, France), JEANMAIRE Eliette (Maladies infectieuses et tropicales, CHRU de Nancy, Vandoeuvre-lès-Nancy, France), ARNOUX Laure-anne (Maladies infectieuses et tropicales, CHRU de Nancy, Vandoeuvre-lès-Nancy, France), LAMAURY Isabelle (Maladies infectieuses et tropicales, CHU Guadeloupe, Pointe-à-Pitre, France),

INTRODUCTION / OBJECTIFS

En France, alors qu’une trentaine de molécules antirétrovirales sont toujours disponibles, la mise sur le marché d’un nombre croissant de traitements antirétroviraux (TAR) sous forme combinée et la place prépondérante des inhibiteurs d’intégrase (INSTI) ont probablement impacté la diversité des TAR prescrits. Dans ce contexte, l’objectif principal de notre étude est d’évaluer en vie réelle dans quelle mesure les pratiques de prescription peuvent varier selon la région.

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Etude rétrospective, descriptive, comparant les dernières lignes de TAR prescrits au CHU de Guadeloupe (CHUG) vs au CHU de Nancy (CHRUN) chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ayant eu au moins un recours entre le 01/07/2020 et le 31/12/2021. Recueil des données via l’application Nadis® et analyse à l’aide des logiciels Excel et R.

RÉSULTATS

La file active du CHUG (1229 dont 1 VIH-2) se distingue de celle du CHRUN (965 dont 4 VIH-2) par plus de femmes (43% vs 30%), de PVVIH nées à l’étranger (39% vs 30%) ou avec comorbidités (34% vs 25%), et moins de co-infections VHB et/ou VHC (7% vs 15%). Au 31/12/2021, la quasi-totalité des PVVIH du CHUG bénéficie d’un TAR comme au CHRUN (99%), consistant en une trithérapie pour 74% des PVVIH de chacun des centres. Près du quart restant est sous un TAR allégé consistant en une bithérapie (24%) avec quelques monothérapies (CHUG: 22 vs CHRUN: 6). Les tri- ou bithérapies avec INSTI prédominent (CHUG: 74% vs CHRUN: 71%) alors que les trithérapies «classiques» (2N + 1IPb) ne concernent que peu de PVVIH (CHUG: 22 vs CHRUN: 25). La part des PVVIH bénéficiant d’un TAR en 1 comprimé par jour (STR) est de 92% au CHUG contre 78% au CHRUN. Pour les 2 centres, le STR le plus prescrit est Biktarvy® (CHUG : 33% vs CHRUN : 27%), puis Odefsey® (20% vs 15%), Triumeq® (12% vs 11%), Dovato® (11% vs 8%) et Juluca® (10% vs 8%). Les TAR initiés chez les personnes nouvellement diagnostiquées (PND) sont moins hétérogènes: Biktarvy® pour près de 75% des PND de chacun des centres (CHUG : 45/61 vs CHRUN: 24/32). Seulement 2 PND au CHUG et 1 au CHRUN a reçu d’emblée une bithérapie, à savoir Dovato®. Sur l’ensemble des PVVIH traitées, 93% au CHUG et 95% au CHRUN ont une charge virale indétectable au dernier recours.

CONCLUSIONS

Les PVVIH du CHUG comme ceux du CHRUN sont quasi tous traités et contrôlés virologiquement, avec des TAR répondant aux recommandations nationales et européennes, consistant majoritairement en des trithérapies, avec des associations comportant le plus souvent un INSTI, et un large usage de formes combinées. Cependant, notre étude objective des différences encore notables en terme de pratiques de prescription, principalement une part bien plus importante de STR au CHUG alors que le panel des TAR prescrits sous forme dissociée demeure plus large au CHRUN. Des caractéristiques différentes entre les PVVIH de ces deux centres, un nombre plus important de médecins prescripteurs au CHRUN, un choix préférentiel pour les génériques ou des associations dissociées moins coûteuses pourraient expliquer les différences mises en évidence.