Mise en place du traitement injectable par Cabotegravir et Rilpivirine en Seine-Saint-Denis : Satisfaction, faisabilité et obstacles

Catégorie de l'abstract : Antirétroviraux, Thérapeutique VIH/VHB/VHC

Abstract déposé le 22/10/2023 15:51:41 par : MACAUX Lou

Auteurs: MACAUX Lou (Maladies infectieuses et tropicales, Hopital Avicenne APHP, Bobigny), CORDEL Hugues (Maladies infectieuses et tropicales, Hopital Avicenne APHP, Bobigny), PENOT Pauline (CeGIDD, Hôpital intercommunal André Grégoire, Montreuil), KHUONG Marie-Aude (Maladies infectieuses et tropicales, Hopital Delafontaine, Saint-Denis), DELAGREVERIE Héloïse (Virologie, Hopital Avicenne APHP, Bobigny), DE MONTEYNARD Soline (Maladies infectieuses et tropicales, Hopital Avicenne APHP, Bobigny), CAILHOL Johann (Maladies infectieuses et tropicales, Hopital Jean Verdier APHP, Bondy), VIGNIER Nicolas (Maladies infectieuses et tropicales, Hopital Avicenne APHP, Bobigny), GOUPIL DE BOUILLE Jeanne (Maladies infectieuses et tropicales, Hopital Jean Verdier APHP, Bondy),

INTRODUCTION / OBJECTIFS

Le traitement injectable à libération prolongée de cabotegravir/rilpivirine était attendu par de nombreuses personnes vivant avec le VIH car il permettrait de s’affranchir des contraintes liées à une prise médicamenteuse quotidienne. L'objectif était d’évaluer la satisfaction des patients, la faisabilité et les obstacles à la mise en place de ce traitement.

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Cohorte prospective multicentrique menée dans 4 hôpitaux de Seine-Saint-Denis où ont été inclus depuis Mars 2022 les personnes vivant avec le VIH mis sous cabotegravir/rilpivirine. Cette étude était basée sur des auto-questionnaires remplis lors des consultations à J0, M1, M3, M6 et M12 du changement de traitement. Le critère de jugement principal était la modification du score du questionnaire de satisfaction du traitement HIVTSQs entre le traitement oral conventionnel (J0) et après un an de bithérapie injectable (M12).

RÉSULTATS

Les caractéristiques des 66 patients inclus étaient : 44 ans d’âge médian, 74% d’hommes, 33% nés en France, 55% nés en Afrique, 45% d’HSH, 3% de transmissions mater-foetales. Le motif de changement de traitement le plus fréquent (35%) était “de ne plus être inquiet à l'idée d'oublier de prendre mon traitement anti-VIH tous les jours”. Nous avons un recul de 6 mois pour 45 patients et de 12 mois pour 14 patients. Le score médian au questionnaire de satisfaction HIVTSQs était de 57 [IIQ 49-63] à J0, 62 [59-65] à M6 et 65 [59-66] à M12. L’amélioration du score était significative entre J0 et M6 (p=0,009) et entre J0 et M12 (p=0,031). L’impact du traitement sur la vie quotidienne des patients à été recueilli à M12 : 10 améliorations, 2 sans changement, 2 détériorations. Le traitement a été arrêté pour 3 patients (5%) à cause d’effets indésirables dans les 6 premiers mois. 80% des patients rapportaient des effets indésirables locaux suite aux injections et 59% d’entre eux se disaient gênés par cela. La majorité (68%) des injections a eu lieu à l'hôpital et 81% des patients ont bénéficié de consultation d’éducation thérapeutique. Nous avons constaté que 3 injections (3%) avaient eu lieu au-delà du délai recommandé.

CONCLUSIONS

La satisfaction des patients est meilleure sous cabotegravir/rilpivirine par rapport au traitement oral quotidien antérieur malgré les contraintes liées à l’organisation des soins et la douleur de l’injection. Nous allons poursuivre les inclusions et le suivi des patients dans cette étude quantitative et la compléter par une partie qualitative faite d’entretiens semi-directionnels.