Switch vers Bictegravir/Emtricitabine/Tenofovir alafenamide chez des PVVIH ≥ 65 ans.

Catégorie de l'abstract : Antirétroviraux, Thérapeutique VIH/VHB/VHC

Abstract déposé le 20/10/2023 14:11:26 par : BENALYCHERIF Aïda

Auteurs: Phung Bao (1. Hôpital Bichat Claude Bernard Paris), Joly Véronique (1. Hôpital Bichat Claude Bernard Paris), Assoumou Lambert (2. INSERM Sorbonne Paris), Isernia Valentina (1. Hôpital Bichat Claude Bernard Paris), Ajana Faiza (3. Hôpital Gustave Dron Tourcoing), Neau Didier (4. Hôpital Pellegrin Bordeaux), Descamps Diane (1. Hôpital Bichat Claude Bernard Paris), Charlotte Charpentier (1. Hôpital Bichat Claude Bernard Paris), Benalycherif Aïda (5. IMEA Paris), Barkat Salima (2. INSERM Sorbonne Paris), Peytavin Gilles (1. Hôpital Bichat Claude Bernard Paris), Allavena Clotilde (6. CHU Dieu Nantes), Landman Roland (1. Hôpital Bichat Claude Bernard Paris et IMEA Paris),

INTRODUCTION / OBJECTIFS

Les comorbidités et la polymédication sont fréquentes chez les personnes vivant avec le VIH-1 (PVVIH) âgées. L’étude BicOlder évalue dans cette population le switch vers Bictegravir/Emtricitabine/Tenofovir alafenamide B/F/TAF, en raison de sa barrière génétique élevée et du peu d’interactions médicamenteuses.

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Etude prospective, multicentrique, non contrôlée évaluant l’efficacité et la sécurité d’un switch vers B/F/TAF sur 48 semaines chez des PVVIH ≥ 65 ans, en succès virologique (ARN-VIH-1 plasma (CV) < 50 c/mL) sous un traitement ARV comprenant le Ritonavir ou le Cobicistat ≥ 2 mois.

RÉSULTATS

Entre août 2020 et juillet 2021, 24 participants sur 8 centres ont été inclus dans l’analyse en intention-de-traiter (ITT). L’âge médian était de 68,5 ans [67-73], 19/24 (79,2%) étaient des hommes. Le taux de CD4 médian était de 576/mm3 [479-793], sous traitement ARV depuis 20,5 ans et un diagnostic VIH depuis 26 ans.
Les comorbidités présentes chez ≥ 3 participants étaient l’hypertension artérielle 14/22 (63,6%), la dyslipidémie 12/22 (54.55%), la lipodystrophie 5/22 (22,7%) et le diabète 4/22 (18.18%).
A S48, 22/24 (91,7%) (95% IC : 73,0-99,0) des participants maintiennent une CV < 50 c/ml, résultat inchangé depuis S24. Les effets indésirables (EI) liés au traitement à l’étude étaient rapportés chez 6 (25%) participants. Aucun nouvel EI depuis S24. Aucune interruption de traitement n’est survenue entre S24 et S48 (1 participant à S4 pour troubles neuropsychiques et cauchemars). Aucun effet indésirable grave n’a été rapporté entre J0 et S48.
Il n’y a pas eu de changement significatif entre J0 et S48 des paramètres rénaux, du score de fragilité (score de Charlson et Fried), du risque cardio-vasculaire (DAD score). Une baisse du cholestérol total et des triglycérides a été observée respectivement de -0,5 mmol/L (95% IC : -1,03 ; -0,01) et de -0,43 mmol/L (95% IC : -0,8 ; -0,0) entre J0 et S48. La prise de poids et l’augmentation de l’IMC étaient significatives entre J0 et S24 (+1.8 kg et +0.6 kg/m2, P<0.006) puis ont diminué pour devenir non-significatifs entre J0 et S48 (+1,0 kg et +0,33 kg/m2). Les traitements concomitants les plus retrouvés étaient les antihypertenseurs, les hypolipémiants et les antidiabétiques oraux à J0 et à S48 sans nécessité d’adaptation de la posologie.

CONCLUSIONS

Ces résultats S48 confirment la bonne tolérance et l’efficacité du switch vers B/F/TAF chez les PVVIH ≥ 65 ans et plus, aux multiples comorbidités, et co médications.