Délai d’introduction des antirétroviraux en Guyane : étude observationnelle des nouveaux patients infectés par le VIH suivis de 2015 à 2021 sur les deux principaux centres hospitaliers du département.

Catégorie de l'abstract : Antirétroviraux, Thérapeutique VIH/VHB/VHC

Abstract déposé le 11/10/2023 14:55:15 par : LUCARELLI Aude

Auteurs: SCHULLER Emma (HDJA- CH de Cayenne), PASCAL Clément (service médecine - CH Ouest Guyanais), RABIER Sébastien (COREVIH GUAYNE- CH de Cayenne), BEROT Vincent (service médecine - CH Ouest Guyanais), THOREY Camille (service médecine - CH Ouest Guyanais), EL GUEDJ Myriam (HDJA- CH de Cayenne), VAZ Tania (HDJA- CH de Cayenne), VIGNIER Nicolas (COREVIH GUAYNE- CH de Cayenne), NACHER Mathieu (COREVIH GUAYNE- CH de Cayenne), LUCARELLI Aude (COREVIH GUAYNE- CH de Cayenne),

INTRODUCTION / OBJECTIFS

Le VIH est une pandémie, ce qui a conduit à créer des recommandations uniformes pour sa prise
en charge. En particulier celle de l’instauration d’un traitement antirétroviral (ARV) le plus rapidement
possible chez tout patient vivant avec le VIH (PVVIH), quels que soient sa charge virale et son taux de
CD4, par consensus international. L’OMS publie en 2015 la recommandation d’une instauration
des ARV dans les 7 jours suivant le diagnostic. Cette étude a pour but de décrire les délais

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective de la cohorte de nouveaux PVVIH, entre janvier 2015 et
juin 2021, au CHC et au CHOG, les deux principaux centres de prise en charge de l’infection en Guyane.
Elle est complétée par une étude transversale composée d’un questionnaire soumis à un échantillon
de ces PVVIH suivis en consultation ou lors d’une hospitalisation sur les deux centres hospitaliers. Le
critère de jugement principal était le délai d’introduction des ARV entre le diagnostic sérologique et la
date de première prescription. Des analyses univariées et multivariées ont été effectuées pour mettre
en évidence les facteurs influençant le délai d’introduction des ARV.

RÉSULTATS

Entre janvier 2015 et juillet 2021, 980 patients ont été nouvellement pris en charge en Guyane dans
les centres hospitaliers de Cayenne (dont les Centres délocalisés de prévention et de soins CDPS) et de
Saint-Laurent-du-Maroni. 920 d’entre eux ont reçu un traitement par antirétroviral. Le délai médian
d’introduction des antirétroviraux était de 40 jours. Une mise en route du traitement dans les 7 jours
suivant le diagnostic a été réalisé chez 12.26% des patients (n = 120). La première consultation
spécialisée a été réalisée dans les 7 jours suivant le diagnostic dans 27.9% des cas ( n=273).

CONCLUSIONS

Le délai d’introduction des ARV est hétérogène sur le territoire et atteint insuffisamment les objectifs
de l’OMS. Il en est de même si l’on tient compte pour ce délai de la date de première consultation. Le
diagnostic étant fait dans près de deux-tiers des cas en ambulatoire, le parcours de soins pourrait être
repensé autour du lieu, du contexte de découverte et des professionnels, autant ceux impliqués dans
le diagnostic que ceux impliqués dans l’initiation des ARV. Une étude telle que celle réalisée en région
parisienne, Essai IMEA 055-Fast, aurait tout son sens sur la population guyanaise pour évaluer l’impact
sur ce délai d’initiation des ARV et l’ensemble du parcours de soins.