Etat de santé des enfants nés de patientes vivants avec le VIH après une exposition in-utero aux antirétroviraux. Etude descriptive rétrospective monocentrique des enfants suivis au Centre Hospitalier de Cayenne de 2013 à 2019.

Catégorie de l'abstract : Antirétroviraux, Thérapeutique VIH/VHB/VHC

Abstract déposé le 11/10/2023 15:02:26 par : LUCARELLI Aude

Auteurs: KOSC Aurélien (COREVIH GUYANE- CH de Cayenne), RABIER Sébastien (COREVIH GUYANE- CH de Cayenne), EPELBOIN Loic (UMIT-CH de Cayenne), ELENGA Narcisse (Pédiatrie - CH de Cayenne), OSEI Lindsay (Pédiatrie- CH de Cayenne), EL GUEDJ Myrian (HDJA- CH de Cayenne), VAZ Tania (HDJA- CH de Cayenne), NACHER Mathieu (COREVIH GUYANE- CH de Cayenne), LUCARELLI Aude (COREVIH GUYANE- CH de Cayenne),

INTRODUCTION / OBJECTIFS

L’infection à VIH est un enjeu majeur de santé publique en Guyane Française. Il est prouvé
que les antirétroviraux (ARV) empêchent la transmission du virus de la mère à l’enfant si
celle-ci suit scrupuleusement son traitement (<1%). Une trithérapie de deux INTI et un IP +/-
Booster par le Ritonavir est la stratégie de référence. L’impact de cette exposition in-utero est
une question essentielle dans le suivi de ces enfants. Un surrisque malformatif en cas
d’exposition aux Inhibiteurs d’Intégrase (INI) est suspecté dans la littérature. L’objectif de
cette étude est de décrire l’état de santé des enfants exposés aux ARV pendant la grossesse.

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Nous avons réalisé une étude descriptive unicentrique au Centre Hospitalier de Cayenne
(CHC), de 2013 à 2019. La population totale de l’étude comprenait l’ensemble des enfants
nés au CHC de mères vivant avec le VIH, ayant été préalablement exposés in-utero à un
schéma d’ARV puis suivi en HDJ pédiatrique au sein du même établissement. Des tests de
Chi2 +/- régression logistique ont été réalisés pour étudier les évènements cliniques
pédiatriques en fonction des schémas thérapeutiques reçus au cours de la grossesse.

RÉSULTATS

Au total, 268 enfants ont été inclus. Les principaux ARV reçu pendant la grossesse
correspondaient aux recommandations en vigueurs. On retrouvait 15.9% de prématurité. 45
enfants étaient hypotrophes (16.7%), ce qui est plus important quee dans la population
pédiatrique guyanaise en général (8-10%). Le taux d’anomalies congénitales (AC) était de
7%. Prêt de 13% des enfants ont été hospitalisés dans les deux premières années de vie
(N=36), le plus souvent pour des raisons infectieuses dans les 6 premiers mois (N= 22, 8.2%).
Une relation entre une exposition au inhibiteurs d’integrase et l’hypotrophie fœtale a été
décrite en cas d’exposition générale (p : 0.037, OR 2.48 IC 95% de 1.04 à 5.81) et au premier
11
trimestre (p : 0.021, OR 3.82 IC 95% de 1.02 à 7.79) et dans les deux cas préférentiellement
chez les enfants hypotrophes dysharmonieux.

CONCLUSIONS

Il s’agit de la première étude sur ce sujet en Guyane. Cette relation entre exposition aux
inhibiteurs d’integrase et l’hypotrophie n’est pas décrite dans la littérature. De nombreux
facteurs confondant sont à prendre en considération dans la physiopathologie du RCIU. Il n’y
a pas eu d’association entre une exposition aux INI et les AC. Le taux de TME sous ARV est
de 0.3%. Un nombre plus important d’enfant rajouterait de la puissance à notre étude. Une
étude guyanaise sur les facteurs de risques de RCIU comprenant la population PVVIH serait
intéressante.